Prises de position !

Depuis le 16 mars, date de la fermeture des écoles et malgré l’implication forte des enseignant.es, l’enseignement à distance laisse au bord du chemin de nombreux élèves. Des rapports ont souligné bien avant le COVID 19 les conséquences de la pauvreté sur la réussite scolaire.

Le constat était alarmant. Le confinement exacerbe les inégalités sociales : logement, suivi dans la scolarité d’autant plus quand elle se fait à distance, fermeture des restaurants scolaires qui permettaient aux enfants d’avoir un repas par jour équilibré, conséquences réelles de la fracture numérique dans certains quartiers. Le taux d’élèves exclus des cours numériques peut atteindre un tiers. Qu’adviendra-t-il au sortir du confinement, des écarts induits entre les élèves ?

Jean Paul Delahaye, ancien directeur général de l'enseignement scolaire nous alerte dans deux communiqués. ra

Le premier titre « Des différences de classe ». L’auteur s’inscrit en faux sur la notion de continuité pédagogique affichée en France et se réfère à la Belgique qui met en place du soutien des élèves, sans notions nouvelles ni notations ». Tous les enfants et toutes les familles ne sont pas égales dans leur culture scolaire ou leur accès au numérique (matériel inclus) et dans les milieux populaires le confinement renvoie les enfants à la brutalité des différences de classe. Les exemples donnés dans les journaux télévisés « avec des parents de la bourgeoisie en télétravail » dit il ne correspond en rien avec nombres de situations.

Le 2ème article porte sur les colonies éducatives :

Le ministre de l’éducation nationale annonce des « colonies éducatives » destinées aux élèves qui ont rencontré des difficultés scolaires pendant le confinement, cela mérite réflexion. Le nom n’est pas forcément approprié : les séjours collectifs de vacances sont tous dotés d’un projet éducatif. Les « pauvres » partent rarement ou pas du tout en vacances. Pour beaucoup de leurs enfants, la journée de fin d’été organisée par des associations solidaires est parfois la seule échappée vers d’autres horizons.

Les colonies de vacances qui ont accueilli en masse ces enfants jusque dans les années 1970-1980 sont aujourd’hui en grande difficulté. La baisse continue des financements publics induisant une augmentation du coût pour les familles a fait disparaître 30 à 40 % d’entre elles. Pourtant, des « colonies éducatives » existent, fréquentées par les enfants des classes moyennes et favorisées offrant un séjour à la montagne ou à la mer, des maths et du tennis, du français et du cheval, de l’anglais et de la natation. Mais le coût de ces séjours n’est pas à la portée des tous les enfants. Les financer c’est l’occasion pour l’Etat de les rendre à nouveau accessible aux milieux populaires.

L’idée de « colonies éducatives pour les enfants qui ont rencontré de graves difficultés pendant le confinement peut s’envisager, mais la réponse à la discontinuité pédagogique se doit de passer par les organisations et mouvements d’éducation populaire dont c’est la vocation historique et ne doit pas être uniquement centré sur du soutien scolaire. L’éducation se construit aussi par l’activité culturelle, sportive et sociale.

La Ligue de l’enseignement FAL44 se retrouve pleinement dans les analyses résumées ici et les fait siennes.

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